Crime And The City Solution : American Twilight (album sorti le 25/03/2013)


Crime And The City Solution

Message en retard mais urgent pour animer un Morningmeeting plutôt atone ces temps-ci : Crime And The City Solution, groupe culte de la vague post-punk, s’est reformé en 2012 et vient de sortir un excellent album : American Twilight.

Les anecdotes abondent au sujet de Crime And The City Solution. Je n’ai pas le temps de les rappeler toutes, mais voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche :

  • Ce groupe est un peu le petit frère « maudit » des Bad Seeds de Nick Cave. Petit frère, car même origine australienne, musiciens communs (Mick Harvey, Jim White), histoire qui se croise à de nombreuses reprises à Londres et Berlin dans les années 1980 (et notamment sur écran dans Les ailes du désir de Wim Wenders, où les deux groupes se produisent en concert), même goût pour les balades blues-rock enfiévrées à tendances gothiques, etc… mais « maudit », car n’ayant pas obtenu le même succès que Nick Cave, et mis en sommeil pendant près de vingt ans
  • Il a compté parmi ses membres fondateurs Roland S. Howard (ex-Boys Next Door/Birthday Party, le groupe australien de Nick Cave relocalisé à Londres), à qui Morningmeeting avait déjà consacré un article
  • La re-formation (2012) comprend bien entendu Simon Bonney (depuis toujours aux commandes du groupe, sorte d’alter-ego de Nick Cave), les membres de la période « berlinoise » de la formation (dont Alexander Hacke d’Einstürzende Neubauten, encore une passerelle plus ou moins directe vers les Bad Seeds), et plusieurs nouveaux venus, dont David Eugene Edwards, musicien très talentueux (Sixteen Horsepower et surtout son projet solo, Wovenhand)
  • L’album sort chez Mute records, le label des débuts, fer de lance du post-punk et également label… des Bad Seeds (oui, décidément !)

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Que donne cet American Twilight ?

  • Un son fidèle aux origines (My Love Takes Me There, excellent titre qui nous renvoie au meilleur de Crime… quelques vingt ans en arrière – à écouter sur SoundCloud), mais boosté bien entendu par une remise au goût du jour et par l’addition de nouveaux musiciens virtuoses (Goddess, le titre d’ouverture, porte clairement la patte de David Eugene Edwards)
  • Beaucoup de rock et de blues, avec toujours une tonalité gothic rock, mais logiquement plus US que UK (Simon Bonney s’est installé aux Etats-Unis dans les années 1990). Un titre comme The Colonel – Doesn’t Call Anymore (peut-être l’un des tout meilleurs de l’album) sonne pourtant comme du Bauhaus (les parrains du rock batcave londonien) – un clin d’oeil à leur morceau Terror Couple Kill Colonel ?
  • Autres titres qui retiennent l’attention dès la première écoute : Domina et Street of West Memphis, avec leurs chœurs plaintifs et fiévreux

Écoute vivement recommandée, toutes affaires cessantes ! Pour cela, allez faire un tour sur la chaîne Youtube que Mute Records a consacré à Crime. Vous pourrez aussi y écouter All Must Be Love, sublime morceau d’ouverture de Shine, premier album de la période berlinoise (1988).

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