« Arrête ton char, Ryan ! » : chronique expéditive de Drive, de Nicolas Winding Refn (2011)


Pas terrible, ce film, malgré quelques passages et ambiances inspirés. Des longueurs, des maladresses, et une musique relou qui ne fait que souligner lesdites longueurs et faiblesses. Après renseignement, j’apprends que certains titres ont été signés par un certain Kavinsky. C’est le nom d’artiste d’un musicien/DJ bien de chez nous qui s’est mis en tête de recréer un son typiquement années 80 (néo-disco jouée sur des synthés tout pourris…).

Ça colle parfaitement avec l’esthétique et le propos du film lui-même, qui est, lit-on ici ou là, une relecture des séries B de la fin des années 70, ou des films de Michael Mann des années 80 (Le solitaire, tout ça…). Mon problème, c’est que les années 70/80 en général, et ces années 70/80-là en particulier (l’esthétique kitsch, les synthés insupportables, le caractère pop clinquant des images et du son), je ne les aime pas du tout. Et que dans le genre cinématographique de l’alternance zen/ultra-violence en milieu interlope, avec personnage principal cultivant son jardin secret (son amour pour une femme…), Hana-Bi faisait cent fois mieux, il y a quinze ans déjà…

D’ailleurs, en cherchant bien, on ferait remonter à la surface une foule immense de références déjà usées au cinéma (le héros silencieux à la Dirty Harry… le justicier solitaire… la violence crue… les plans romantiques cucul…). Il paraît qu’on appelle ça un hommage, quand on aime bien. Moi, j’ai juste trouvé ça assez ennuyeux par moments.

Moralité : Drive est un film anecdotique, englué dans l’hommage, où on s’emmerde un peu entre deux-trois jolies choses. En revanche, il est peut-être urgent de (re)voir Hana-Bi, de l’estimable Takeshi Kitano.

Drive, de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling, Carey Mulligan. Sorti en France le 05/10/2011.

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