Tel Aviv Museum of Art, Tel Aviv, Israël


Un musée vaste et éclectique, dont les collections et expositions couvrent aussi bien la période moderne proprement dite (XIX-XXème), que des artistes plus contemporains. On peut y voir des Picasso, Matisse, Van Gogh, etc.

Mais « à Rome, fait comme les Romains » : j’ai donc consacré ma visite aux expositions temporaires d’artistes israéliens. Et la production est plutôt pas mal, jugez-en par vous-même :

  • Ignorant Field (du 22 mars au 23 juillet 2011) présente des œuvres récentes de Sharon Poliakine, lauréate 2010 du Rappaport Prize for an Established Israeli Painter. Toutes les oeuvres exposées ont été réalisées dans l’année écoulée.
    Le style des peintures (puisqu’il s’agit essentiellement de tableaux) de Sharon Poliakine est particulièrement reconnaissable : technique fondée sur le dessin, rehaussée de gravures dans l’épaisseur de la couche de peinture, et parfois complétée d’objets collés à même le canevas. Elle utilise certains motifs ou matériaux récurrents, tels que les tubes de peinture ou les oiseaux. Elle utilise également des motifs type « toile de Jouy », façon papier peint et litho-gravure.
    Il y a des petits formats bien soignés, mais tout n’est pas qu’art de la dentelle et dessin intimiste. Elle se montre très à l’aise avec les grands, voire très grands formats, très colorés. Et elle n’a pas peur de se frotter aux « maîtres anciens » (Dürer, Ucello, Raphaël, Goya, etc.) et aux sujets audacieux, comme cette réinterprétation du Radeau de la Méduse de Géricault (Ghost Image IV, 2011).
  • Ailleurs dans le musée, la « Ruth and Bruce Rappaport Sculpture Gallery » présente RealityTrauma (du 19 mars au 23 juillet), une série photo d’Avi Ganor, photographe israélien.
    Il s’agit de tirages grand format de photos prises en Israël, portant toutes en leur centre le surtitrage RealityTrauma. Elles mettent en scène une confrontation du réel, un réel trop prosaïque pour être totalement honnête – d’où le « trauma »…
    La technique particulière utilisée (je n’ai pas les mots justes pour parler photographie…) semble organiser à dessin des zones de surexposition, des flous, qui à eux seuls feraient naître un sentiment de bizarre diffus : un corbeau se détachant (trop) nettement d’un groupe de danseurs de tango (Tango with a Crow, 2006), voire, une sensation de menace quasi-explicite : un corps bâché sur une promenade de bord de mer (Homage to Hippolyte Bayard, 2008), ou encore, un avion de ligne, escorté par des avions de chasse, et passant près du sol et de familles lambda traînant poussettes et kilos en trop sur un parking (de centre commercial ?) (Families, 2008).
    Le tour de force, d’après mon œil peu exercé, semble être le travail sur l’exposition (sur- ou sous-exposition, très ou trop peu sombre, beaucoup de contrastes…), et l’absence manifeste de recours (ou de façon très limitée) à Photoshop. C’est un point de distinction flagrant avec la série Guerre Ici de Patrick Chauvel, montrant des superpositions d’un Paris de carte postale et de scènes de guerre, pour un résultat beaucoup plus « choc », mais peut-être moins subtil.
  • Troisième expo en cours, Two-Thousand and Eleven présente des peintures d’Oren Eliav, lauréat 2010 du Rappaport Prize for a young Israeli Painter. Des œuvres entre Francis Bacon (le fondu, le flou des visages, des corps) et Gustave Moreau (les atmosphères gothique et onirique, sombres et colorées à la fois). La série Listener notamment consiste en portraits « à l’écoute » de personnages comme copiés de tableaux anciens (collerettes, etc.). Un ensemble moins convaincant malgré tout que les oeuvres présentées par Avi Ganor et Sharon Poliakine.

Tel Aviv Museum of Art, 27 Shaul Hamelech Blvd, POB 33288, The Golda Meir Cultural and Art Center, 61332 Tel Aviv, Israel.

Information pratiques et renseignements sur le site du Tel Aviv Museum of Art (en anglais).

Publicités