Les « Refuges d’Art » d’Andy Goldsworthy : balade artistique en pays Dignois


Selon un sondage non « sourcé », il paraîtrait que seulement un Français sur trois fréquente les musées, alors que plus de deux Français sur trois pratiquent la randonnée pédestre… Pour ouvrir les Français à l’art, adressons-nous à leurs mollets plutôt qu’à leur tête. CQFD.

En tout cas, c’est ce qu’Andy Goldsworthy, artiste britannique né en 1956, a dû se dire en posant ses valises en Pays Dignois. Ce chef de file du « Land Art » (courant artistique contemporain qui consiste à utiliser des matériaux et un cadre naturel pour produire et exposer des œuvres) a réalisé depuis 2002 une série d’œuvres qui jalonnent les sentiers de promenade des sites de Digne-les-Bains et de la Réserve géologique de Haute-Provence.

On croise donc au détour d’un sentier de randonnée des murs, cairns, refuges , mis en scène par Andy Goldsworthy.

Le Land Art est remarquable par cette volonté de vouloir « renouer avec la nature » d’une certaine manière. Les œuvres sont réalisées avec les matériaux du cru, et sont le plus souvent exposées sur site, à la merci des intempéries, ce qui en fait des œuvres périssables par nature.  Et, bien entendu, ces expositions se font à l’écart des lieux traditionnels (galeries et musées au coeur des grandes villes), comme un pied-de-nez en marge d’une forme d’art un peu institutionnelle. Nature, éphémère, marge : des thèmes furieusement postmodernes par essence…

Quel résultat ? Les œuvres ont cette caractéristique de ne pas être moches, ni intrusives : elles ne « dénaturent » pas les paysages. S’arrêter quelques minutes en chemin et en faire le tour est plutôt agréable. Les détracteurs pourront toujours se consoler en se disant que ce type de réalisations n’est pas fait pour durer, et que dans cinq, dix, vingt ans (parfois plus), il n’en restera plus rien…

Et puis, ça n’a a première vue rien à voir avec Andy Goldsworthy, mais la notion même de Land Art m’a toujours fait penser aux travaux sonores d’Einstürzende Neubauten (souvent cités sur ce blog). L’obsession pour les paysages et l’architecture des « Immeubles neufs qui s’effondrent » a toujours été évidente, à la fois dans les textes et dans le mode de (dé)construction des morceaux. En voici un des meilleurs exemples : une version live de Die Befindlichkeit des Landes (« la configuration du paysage »…), hymne-fleuve à la Berlin-Babylone…

Pour en savoir plus sur les Refuges d’Art : consultez le site de la Mairie de Digne-les-Bains et notamment la page consacrée aux Refuges d’Art.

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