Des Grenelle comme s’il en pleuvait !


Jean-Louis Borloo, le Grenelle de la Mer - (c) Image François Guillot, AFP

En ce moment à Paris, il pleut, il mouille, et c’est la fête aux Grenelle. Après un long hiatus depuis les accords de la rue de Grenelle en 1968, c’est l’emballement. Parmi les plus médiatisés, citons les Grenelle de l’environnement (2007) et de l’insertion (2007), ou, plus proche de nous, le Grenelle des ondes (2009). A croire qu’il s’en crée un par jour. Voyez par exemple ce communiqué officiel, relevé sur le fil RSS du gouvernement :

Convaincu que « la Mer sauvera la terre », Jean-Louis Borloo a lancé, le 27 février, le Grenelle de la Mer, mobilisation nationale pour définir une grande politique maritime française. (…)

Historiquement, les « accords de la rue de Grenelle » désignent les accords négociés au plus fort de la crise sociale, en mai 1968, par le gouvernement, les syndicats et les organisations patronales. « Grenelle » fait référence au siège du Ministère du Travail, rue de Grenelle à Paris. C’est donc un terme à la charge historique, politique, sociale et symbolique forte, lourd de promesses et de responsabilités.

Qu’on se soucie de certaines grandes causes (l’environnement, la mer, la santé…), par le biais de consultations publiques, fort bien. Mais pourquoi les appeler Grenelle ? C’est prétendre que toutes ces causes, et toutes les approches de ces causes, seront, sinon révolutionnaires, du moins profondément oecuméniques et réformistes. Ce qui est loin d’être toujours le cas.

Cet usage répété du terme « Grenelle » conduit à le banaliser, voire même à le rendre agaçant. Et on tombe ensuite dans le marketing politique, à étaler des convictions à l’emporte-pièce, façon mauvais slogan publicitaire : « la Mer sauvera la terre » (notez le choix de placement judicieux de la majuscule…).

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