« Conversation » : Xu Hongfei et Abiola Akintola, Guangzhou Museum of Art, Guangzhou, Chine


Le Guangzhou Museum of Art (GMA), ouvert au public en septembre 2000, est « un lieu pour l’éducation patriotique à Guangzhou » (ex-Canton). Ah. Pourtant, à l’intérieur, rien qui ressemble ouvertement à un art officiel ou une propagande pour le régime chinois.

Le musée abrite en réalité des collections traversant les siècles et les époques : peintures, calligraphies, porcelaines, sculptures et autres productions des différentes dynasties chinoises. Pas mal de choses sont d’un abord un peu difficile pour qui n’est pas familier de la Chine : on ne connaît ni les époques, ni les courants, ni les artistes exposés. Difficile dans ces conditions de faire le tri entre l’anecdotique et l’indispensable. Peu d’indications en anglais. Les salles, pratiquement vides de visiteurs, paraissent un peu austères et sur-dimensionnées (à l’image du paysage urbain de bien des villes nouvelles en Chine).

Et puis, dans un petit jardin intérieur, on tombe sur quelques sculptures étonnantes. Le musée exposait en effet, du 28 octobre au 19 décembre 2010 (oui, encore une chronique en retard – fin d’année chargée oblige), des œuvres de Xu Hongfei et d’Abiola Akintola. Passons sur Xu Hongfei – bien que les œuvres de ces deux artistes soient supposées se répondre (d’où, j’imagine, le titre de l’expo, Conversation), je n’ai pas tellement accroché aux siennes. En revanche, les sculptures d’Abiola Akintola sont tout à fait surprenantes.

Passé l’effet « Chez Clément » (ceux qui sont familiers du décor de la chaîne de « restaurants d’hôtes » comprendront), on ne peut qu’admirer la série d’œuvres grandeur natures produites en 2010 par l’artiste américain d’origine nigériane. La série exposée à Guangzhou met en scène le corps humain dans différentes activités physiques et sportives : plongeur, tennisman, acrobate…

Les plus impressionnants sont certainement le plongeur (The Diver, 2010), tout en muscles très bien rendus par les faisceaux de lanières de métal et autres cuillères à soupes soudées ensemble, le joueur de polo (Polo, 2010), restitué grandeur nature, ainsi que sa monture, et l’acrobate (All Things Are Possible, 2010), dont le titre même illustre la performance de l’artiste.

Il y a du tour de force technique dans le travail de l’acier, de l’idée dans le recyclage des lanières de métal et des couverts en inox, le tout restant cependant assez académique dans l’intention et dans l’exécution. Des « figures imposées », en quelque sorte, mais que leurs qualités (maîtrise, expressivité, ingéniosité) élèvent au-dessus du lot.

Exposition Conversation : sculptures de Xu Hongfei et Abiola Akintola, Guangzhou Museum of Art (GMA), du 28 octobre au 19 décembre 2010.

Information pratiques et renseignements sur le site du GMA.

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