Casse-croûte estival : The Blanco Museum, Ubud, Bali, Indonésie


Selon ses thuriféraires, Antonio Blanco (1911-1999) partage beaucoup de choses avec Salvador Dali (1904-1989) : même origine espagnole, même personnalité fantasque, même goût pour les femmes, même veine d’inspiration surréaliste dans leurs peintures. Soyons subjectif : je trouve moi aussi qu’ils se ressemblent beaucoup, et n’aime ni l’un, ni l’autre (ceci expliquant peut-être cela). Mais rendons justice à Dali : lui au moins possède sa notice dans la Wikipédia. C’est dire que la notoriété de Blanco ne lui arrive pas à la cheville…

Antonio Blanco est donc un artiste-peintre d’origine espagnole, mais né et ayant vécu aux Philippines. Il voyage pas mal dans sa jeunesse, avant de s’installer jusqu’à sa mort à Ubud, ville située dans l’intérieur des terres, sur la très célèbre île de Bali (Indonésie). Et on le comprend : manifestement, il ne s’est pas ennuyé là-bas. Une femme jeune, une grande propriété sur les hauteurs de la ville, dans le quartier des « artistes », et une philosophie que lui-même résume en ces termes (je paraphrase de mémoire, mais le sens y est) : le bonheur, c’est de tenir une mangue mûre dans une main, et les fesses d’une jeune fille dans l’autre. Du coup, artistiquement, le résultat n’est pas terrible. S’il fallait résumer en quelques mots, je dirai que ça ressemble à du Dali s’étant mis en tête de faire des croûtes (avec parfois supplément de guimauve). Mais le tout mis à prix à 23 000$ (quand même).

Cela dit, si vous êtes à Ubud, allez quand même faire un tour au musée qui porte son nom, et qui est à présent géré par sa famille (et notamment son fils, Mario Blanco, qui a repris les pinceaux paternels). Il faut tâter du bâtiment principal, construit après sa mort, qui abrite l’essentiel de sa collection : faux marbre rose et vert, colonnes italiano-greco-balinaises, corniches en stuc aux murs et au plafond. L’accueil est adorable, le personnel polyglotte qui assure la visite est aux petits soins, et il y a même moyen de se faire prendre en photo recouvert de quatre ou cinq énormes perroquets et autres oiseaux exotiques dans le jardin de la propriété.

Entretemps, on se sera extasié devant des toiles où l’invention débridée le dispute au mauvais goût, on aura apprécié l’occasionnel portrait réussi où sous les couches de rose et de vert vaporeux passe enfin quelque chose d’un peu authentique, et, surtout, on aura médité sur l’éternel question de savoir ce qui distingue, au fond, le génie artistique de la fumisterie. Peut-être qu’après tout, on s’en fout, et que l’essentiel est de mener une vie d’homme libre, hédoniste et généreux. M’en vais voir s’il ne reste pas une mangue en cuisine, tiens…

The Blanco Museum, Ubud, Bali. Informations pratiques et renseignements sur le site du musée.

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