« Planète Parr : La collection de Martin Parr » au Jeu de Paume, à Paris


Tongs Obama, Collection Martin Parr, Jeu de Paume, Paris

Des tongs Obama ! L’un des nombreux objets rassemblés au Jeu de Paume à l’occasion de l’exposition Planète Parr : La collection de Martin Parr. L’artiste britannique et photographe de l’agence Magnum présente à Paris un assortiment de ses collections d’objets divers (il se définit lui-même comme un collectionneur compulsif), de ses propres clichés, et de clichés de photographes qui l’ont inspiré dans son travail ou qu’il admire particulièrement.

Ses collections d’objets (cartes postales, bibelots, petits objets à première vue insignifiants de la vie quotidienne…) sont arrangées et présentées par thème, selon un système de classement simple, voire simpliste : ainsi, la vitrine goodies Obama, la vitrine guerre des Malouines, ou encore la vitrine 11 septembre, etc. Comme le souligne le commissaire de l’exposition, Thomas Weski, les objets et photos présentés au public sont volontairement offerts tels quels au regard de chacun, sans explications détaillées ou appareil critique pesant.

Ce choix produit des effets intéressants. Tout d’abord, la ligne entre photo d’art et photojournalisme est plus que jamais brouillée. Des photos de facture similaire sont présentées. Certaines sont encadrées et légendées : l’intervention manifeste du photographe et le commentaire accompagnant les prises de vue leur confèrent presque mécaniquement un statut d’oeuvre d’art. D’autres, en revanche, sont présentées telles quelles, sans autre forme de mise en scène. Sont-elles pour autant moins artistiques ?

Martin Parr est également connu pour sa série de photos sur le tourisme de masse, dans laquelle il prenait en photo non pas les lieux (Venise, le Grand Canyon, etc.) mais les touristes eux-mêmes, se focalisant souvent sur les détails physiques, vestimentaires, ou les attitudes d’un individu ou d’un petit groupe, les attractions étant relayées au second plan. Une sorte de mise en abyme, quoi.

Au Jeu de Paume, c’est un peu la même chose. Les œuvres sont là, comme autant d’appâts pour les touristes qui viennent se presser dans les salles. Et rien n’est plus amusant que d’observer les réactions de chacun face aux séries qui lui sont présentées. Ainsi de cette famille bourgeoise compatissant aux portraits de pauvres gens qui ouvrent l’expo, puis partagée entre fascination et répulsion pour la série Luxury, portrait des riches à travers le monde, comme on le serait devant un miroir qu’on nous tend, à la fois fidèle et légèrement déformant…

Planète Parr : La collection de Martin Parr au Jeu de Paume, à Paris, du 30 juin au 27 septembre 2009. Informations et renseignements pratiques sur le site du Jeu de Paume.

Publicités