Tag Archive | Jack Kerouac

Exposition “Vinyl, disques et pochettes d’artistes” : la collection Guy Schraenen à la Maison Rouge, Paris, du 19 février au 16 mai 2010

Ce pourrait être, dans l’esprit pop-rock/érudit du Lipstick Traces de Greil Marcus, une nouvelle façon de raconter cette “histoire secrète du vingtième siècle”. Celle des passerelles et collaborations, parfois célèbres, souvent inattendues voire obscures, entre pratiques artistiques et courants musicaux. Fans de l’un, de l’autre et surtout de la rencontre des deux, il vous reste tout juste une semaine pour aller vous plonger dans l’expo Vinyl à la Maison Rouge, à Paris.

Vinyl, c’est l’exposition de la collection de pochettes d’albums (époque disques noirs 33 tours vinyles, donc) du commissaire d’exposition et éditeur Guy Schraenen. Lire la Suite…

“Data Art” : de l’art d’ordonner les données…

…ou comment marier l’utile à l’agréable ! Data Art, “art des données”, de quoi s’agit-il exactement ? Tout simplement, pourrait-on dire, d’organiser visuellement des données (quelle que soit leur nature) de la façon la plus esthétique et attrayante possible. Les applications sont innombrables : d’une présentation marketing “impactante” à une œuvre d’art à part entière.

La référence en la matière est le blog Information is Beautiful, tenu par David McCandless. Il se présente comme un “journaliste de données” et un “designer d’information”, travaillant en free-lance. Il a également publié un bouquin (voir ci-dessus) rassemblant ses plus beaux travaux de mise en forme de données. Son credo : Lire la Suite…

Apocalypse, cannibalisme et truites : The Road, Cormac McCarthy

Nous changerons bientôt de décennie, l’an 2000 est clairement une chose du passé, on pourrait penser que les peurs et les phantasmes millénaristes sont derrière nous, et pourtant jamais l’Apocalypse ne s’est aussi bien portée. C’est particulièrement vrai à Hollywood. On pense à tous ces films sortis ces dernières années, parmi lesquels Le jour d’après, Prédictions, ou encore 2012

Bientôt sur nos écrans, The Road (La route), adaptation du roman de Cormac McCarthy paru en 2006 dans sa version originale. Un roman qui a reçu de nombreux prix (dont le Pulitzer), une adaptation ciné qui ne peut qu’intriguer. Un acteur principal généralement convaincant (Viggo Mortensen, magistral chez Cronenberg : A History of Violence, Les promesses de l’ombre), une bande-son composée par les meilleurs musiciens australiens qui soient (Nick Cave et Warren Ellis, compagnon de route de Nick Cave au sein des Bad Seeds et violoniste du trio Dirty Three), un précédent ouvrage de Cormac McCarthy porté à l’écran par les frères Cohen avec brio (No Country for Old Men)… c’est presque trop d’ingrédients du succès réunis à l’avance.

Pour me faire une idée, je suis donc allé lire The Road dans le texte, quelques jours avant la sortie du film en salles (le 2 décembre en France). Lire la Suite…

Satori césaréen

Jack Kerouac - Satori in Paris

Satory est un quartier de la ville de Versailles dans les Yvelines. Satori signifie, dans le bouddhisme zen, “éveil spirituel”. Une expérience déterminante qui engendre une forme de compréhension durable, une sorte d’illumination du sens qui génère des effets permanents. Un terme que Jack Kerouac s’est approprié pour décrire certaines de ses expériences initiatiques personnelles (Satori in Paris, livre qui raconte son voyage en France à la recherche de ses origines bretonnes).

Exemple de (mini) Satori : ai écrit il y a quatre jours un article sur le cornuto. Ai vu ce week-end des bribes d’Astérix aux Jeux Olympiques de Thomas Langmann (impérissable daube). Ai cherché tout à l’heure des précisions sur la citation “Tu quoque, fili”. Suis tombé sur le passage suivant dans la Wikipédia (c’est moi qui mets en gras) :

J. Russell, relevant des attestations d’un καὶ σύ apotropaïque sur des mosaïques et des bas-reliefs, voit dès lors, dans les mots de César mourant, l’équivalent du « signe des cornes ». Le dictateur trahi ne manifesterait nullement son émotion ou sa surprise. À son “fils” indigne, il laisse pour dernier message : « Je t’en souhaite autant, mon garçon !» Avouons que l’explication est non seulement séduisante, mais plus conforme à ce que nous savons du caractère du divin Jules…

Est-il encore besoin de croire au hasard et aux coïncidences ? Un Satori pareil, ça vous met la journée en joie !

Hit the Road, Jack!

Jack Kerouac

Je suis toujours dans la lecture d’un recueil de poèmes de la génération Beat de la Côte Ouest, acheté à la librairie City Lights à San Francisco cet été. J’en suis à la section Jack Kerouac.

Était un temps où voyager égalait luxe. La Belle Epoque… Puis il y a eu le Titanic. Moi j’ai dans mon passeport des visas d’Ukraine, du Maroc, du Japon, de Thaïlande, d’Indonésie, etc. Maintenant on ne s’en soucie guère. Selon une étude de la Sofres réalisée fin 2005, « Voyager beaucoup » n’est pas un objectif de vie prioritaire pour les Français…

Dans les années 50, Kerouac et les beatniks ont réinventé le voyage comme instrument de liberté : la route de l’un à l’autre, la veste sur l’épaule, le moment romantique, le it et la blue note… Amusant comme Kerouac, ce chantre de la liberté, des voyages, exerçait par moments la profession de serre-frein pour les compagnies ferroviaires américaines. Pas vraiment compatible, hein ? « Taille la route, Jack ! »